Sixième étape: Puerto Rico – Curitiba

Vous rappelez vous de notre nouvel ami philantrope croisé quelques semaines plus tôt du côté du parc de Talampaya? Il faut croire que cette rencontre n’était pas totalement le fruit du hasard… Ce dernier nous a en effet mis en contact avec des amis à lui du côté d’El Dorado. Une nouvelle fois, quelle hospitalité! Gustavo, Michaël, Gabriella et leurs familles nous ont accueilli comme des princes. Une bonne douche chaude, un lit pour chacun, de la viande rouge à foison… Il n’en fallait pas plus pour réchauffer nos coeurs!

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Nous repartons ensuite pour une dernière étape primordiale de notre voyage vélocipédique: les chutes d’Iguazu. Comme beaucoup, nous avons déjà pu les admirer sur Internet sans trop nous rendre compte de leurs réelles ampleurs. Rapidement, nous sommes ébahis par la beauté et la puissance de ce site mondialement reconnu. Pour l’apprécier au mieux, il nous a fallu nous en approcher un maximum et mouiller notre maillot. Point d’orgue du parc, « La Garganta del Diablo » (la Gorge du Diable) nous offre un point de vue plongeant sur ces chutes vertigineuses. Les pluies incessantes des derniers jours ayant amplifié le débit du Rio Iguazu, certaines parties du parc nous sont malheureusment interdites.

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Le lendemain, nous tournons la page argentine pour arriver au pays du foot; le Brésil. Nous passons nos premières nuits dans une ‘casa de ciclista’, maison mise spécialement à disposition des cyclistes de notre trempe, où nous rencontrons cinq collègues mexicains: Hector, Angel, Juan Luis, Paola et Katty. Nous profitons de notre séjour à Foz de Iguacu pour visiter le côté brésilien des chutes qui offre une vue panoramique de cette merveille naturelle, ainsi que l’impressionnant barrage d’Itaipu, une des cinq merveilles du monde moderne.

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Notre passage de la frontière brésilienne fut l’occasion de changements importants dans la vie quotidienne des bikeslackers. Le premier et non des moindres: le portuguais. Aucun de nous ne parlant cet idiome délicat et chatouillant l’oreille, comprendre et se faire comprendre est par moment loin d’être évident. Nous nous sommes donc mis au « portugnol », mélange d’espagnol et de portuguais que nous tentons tant bien que mal de baragouiner. L’amabilité de la population nous a également fort impressionné; malgré notre incapacité à en dire beaucoup plus que « bonjour, nous voyageons en vélo et cherchons un toit », nous sommes systématiquement acceuillis à bras ouverts.

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Nous nous remettons ensuite en selle pour la dernière partie de notre voyage qui nous mènera jusqu’à Curitiba (650km). Nous avons la chance de dormir au chaud pour la première nuit, à Ceu Azul où nous retrouvons nos amis mexicains. En effet, notre hôte de la « casa de ciclista », Luciano, nous avait mis en contact avec un de ses amis qui nous hébergera et nous offrira une kyrielle de brochettes.

La suite du voyage nous voit enchainer les kilomètres nous séparant de Curitiba à un rythme soutenu malgré le relief valloné, le tout sous une météo clémente .La nuit, le froid étant de retour, nous nous efforçons de trouver un logement sous dur, avec succès!
Arrivés à moins de 130 kilomètres de notre but final, c’est le drame: le dérailleur de Batouze rend l’âme et nous contraint à prendre une décision à contre coeur: terminer le voyage en bus et ne pas atteindre la barre des 4000km tant espérée (il ne nous restait seulement 50km à parcourir). En effet, le remplacement de la pièce défectueuse pour seulement 130km n’aurait pas été très sensé étant donné le voyage mouvementé à venir de nos bécannes (en bus puis en avion). De plus, les prévisions météorologiques et l’état de santé de Drouille ont aidé à prendre cette dure décision. Malgré cette déception, 3950 kilomètres parcourus à l’unique force de nos jambes ça se fête. Nous finissons donc la soirée dans un petit bar local tenu par le cousin brésilien de « Moustache ». Nous y rencontrons les piliers de bar du coin qui mettent l’ambiance à coups de reals dans le jukebox et nous montrent fièrement des photos de leur famille. Nous eumes avec nos nouveaux amis, un peu imbibés et au portuguais incompréhensible, un véritable dialogue de sourd.

S’ensuit l’arrivée à Curitiba, synonyme de retour à la civilisation et au confort, où nous sommes hébergés par Denis, un expatrié belge, et sa famille. Nous goûtons une nouvelle fois à l’ambiance brésilienne lors d’un barbecue avec les voisins du clos. A cette occasion nous tremperons nos lèvres dans une première caipirinha… qui en appellera d’autres. Nous y vivons un autre grand moment: le retrait de nos billets pour le premier match des belges.

Il est ensuite temps de nous diriger vers Sao Paulo pour profiter au mieux de l’ambiance du match d’ouverture qui s’y joue. Felipe et sa fiancée nous offre très gentiment le logis dans le centre de la ville. Cette fois-ci çà y est, la Coupe du Monde est bel et bien lancée!

Pas de temps à perdre, après deux jours dans cette mégalopole, nous reprenons un bus en direction de Rio de Janeiro et de ses cocotiers. Une fois n’est pas coutume, ce sont des belges, Alexandre et son père Arnaud, qui nous accueillent généreusement. C’est donc dans leur maison au bord de la plage à 50 km de Rio que nous logeons. Au programme des deux jours qui suivent: farniente, baignades, beach football ainsi que de nombreux matchs du mondial, bien évidemment.

Après avoir maintes fois vanté l’hospitalité chilienne, argentine puis brésilienne, il faut bien avouer que les belges ne sont pas en reste! Une fois de retour en Belgique, nous nous sommes promis de les prendre en exemple. Nous en profitons par ailleurs pour les en remercier une dernière fois pour leur acceuil exceptionnel.

Nous partirons demain passer la journée à Rio afin d’admirer de plus près le fameux « Christ redempteur ». Nous y prendrons un bus qui nous arrivera à Belo Horizonte pour le tant attendu match des diables. Cela cloturera notre voyage en beauté.

Il est maintenant temps de vous partager les différentes réflexions qui ont muri tout au long de ce voyage. Tout d’abord, nous avons eu l’occasion de redécouvrir les petits plaisirs simples de la vie: étancher notre soif avec une bonne eau fraiche, manger après une longue journée physiquement éprouvante, prendre une douche chaude, dormir dans un lit, lire un bon livre…

Nous avons également réappris à serrer les dents et à faire preuve de détermination. En effet, tant mentalement que physiquement, nous avons régulièrement dû repousser nos limites afin de nous rapprocher chaque jour un peu plus de l’objectif que nous nous étions fixé.

Ce voyage nous offrait par ailleurs une opportunité de nous recentrer sur nous même et un certain recul qui facilita une petite réflexion critique sur notre situation en Belgique, chose importante à nos yeux avant de se lancer dans la vie active.

De plus, une chose est sûre, il sera difficile d’abandonner cette liberté absolue qui fut la nôtre pendant trois mois. N’avoir comme seul souci de devoir trouver à manger et un endroit pour dormir nous permis de profiter pleinement de notre voyage.

Finalement, il faut bien avouer que cette aventure à renforcé notre amour pour le plat pays. Nous restons en effet fort attachés à l’ambiance belge, le chocolat, les frites, les bières, nos familles et nos amis.

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Cinquième étape: Santa Maria – Puerto Rico

Notre dernière tartine vous ayant probablement laissé sur votre faim, nous reprenons notre plume pour vous conter la suite de nos aventures argentines.

Après avoir passé la nuit à Santa Maria, nous prenons la direction de Cafayate, dont la région est réputée pour ses paysages, ses montagnes rougeoyantes et ses nombreux vignobles. Route faisant, nous nous arrêtons dans une « bodega » afin d’y déguster leurs vins (« ct’un vin heuuu… ») tout en écoutant les explications d’une charmante petite madame. Une nouvelle fois, quelques photos valent mieux que des centaines de mots.

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Après la traversée de la chaine de montagnes séparant Cafayate de Salta, nous retournons à la civilisation. La civilisation? Pas vraiment. Nous déjeunons dans un village du nom d’Alemania, ancien centre touristique renommé, aujourd’hui retombé dans l’annonymat, où la population humaine ést inférieure à la population canine.

Nous reprenons notre route et arrivons finalement à Salta, capitale de la région et deuxième grosse étape de notre périple. Nous y séjournons au « Loki », auberge de jeunesse au cadre idyllique avec piscine, et tout cela gratuitement!

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Cette fin d’étape est l’occasion de délasser nos membres engourdis, de laver nos vêtements dont l’odeur commence à être insoutenable et de se changer quelque peu les idées. C’est également l’occasion de rencontres avec d’autres voyageurs: quelques hollandais(es), des englishs, des argentins bien évidemment mais aussi un bruxellois que nous renommons rapidement Jesus (ou Jeez) en raison de son look atypique. Il deviendra rapidement un bon pote, au point de se faire passer aux yeux de certains pensionnaires du Loki, pour le 4ème Bikeslacker. Il nous guida dans Salta et nous conseilla pour la suite de notre voyage. En effet, nous comptions effectuer une boucle de plusieurs centaines de kilomètres dans la région au Nord de la ville, tour dont notre ami avait déjà fait l’expérience.

Nous décidons finalement de louer une voiture deux jours durant afin d’avaler les kilomètres plus rapidement. De plus, les ascenssions à plus de 4000m auraient consommé trop de temps et de souffle alors que l’échéance de la Coupe du monde approche à grands pas. Ce passage sur quatre roues fût un réel soulagement au vu du relief, quelle belle invention que l’automobile! Cette expédition en voiture nous mènera dans un premier temps à Purmamarca, la montagne des 7 couleurs ainsi qu’aux Salinas Grandes, un desert de sel qui donnera naissance à quelques clichés cocasses.

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La deuxième journée sera elle consacrée principalement à la ville d’Humahuaca où nous avons fait un bref trek ainsi qu’à sa somptueuse montagne aux 14 couleurs.

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Une séance de selfies plus tard, nous repartons vers Salta où nous avons prévu de prendre un bus jusqu’à Resistencia. Un bus? Oui vous avez bien lu! Depuis la préparation de ce voyage, nous avions toujours pensé effectuer le tronçon Salta-Resistencia en car. En effet, il s’agit de la partie la plus monotone et qui présente le moins d’intérêt à parcourir en vélo. Une « bonne » nuit et 800km plus tard, nous arrivons à 5h du matin dans le terminal d’autobus de Resistencia où nous ne tardons pas à remonter nos bécanes. Dur dur de commencer à pédaler si tôt mais quelques couques au « dulce de leche » (notre nouveau petit déjeuner fétiche), nous remettent rapidement d’aplomb.

Après quelques tours de roue dans cette nouvelle région, nous nous rendons compte qu’elle est en tous points différente à la précédente: végétation luxuriante, humidité et chaleur pesantes et relief proche du néant. Nous redécouvrons avec plaisir les joies du logement chez l’habitant que nous avions quelque peu oubliées depuis le Chili. Nous aurons entre autres l’occasion de partir à la pêche avec notre ami Ricardo le temps d’une matinée (dont nous rentrerons honteusement bredouille), de se voir offrir deux lits dans un logement municipal et de retrouver le confort d’une caserne de pompiers.

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Après seulement 300 kilomètres, nous constatons avec surprise et désaroi un changement radical: le temps se gâte et la pluie refait son apparition dans notre quotidien pour la première fois depuis plus d’un mois. Le relief fait lui aussi des siennes et nous gratifie d’un dénivelé digne d’une classique ardennaise, à croire que le plat ne fait pas partie du vocabulaire local.

Ce brusque changement nous oblige à nous adapter. Etant donné notre timing large, nous pouvons nous permettre de rouler entre les gouttes et d’allègrement squatter les stations service afin de gratter un Wifi tout en restant au sec.

Nous sommes actuellement à Puerto Rico, petite bourgade sympathique à 160km des chutes d’Iguacu pour célébrer l’anniversaire de l’indépendance argentine. Malheureusement, une pluie battante a rapidement mis fin aux festivités.

PS: Il y a quelques jours, nous avons rencontré un personnage assez hors du commun: Elias Rosa. Celui ci roule à vélo depuis près de 16 ans et a pour objectif de rentrer dans le Guiness Book des records. Une véritable inspiration pour nous, aventuriers débutants.

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PPS: Depuis peu, nous avons troqué nos séries américaines pour les classiques de Mr. Walt Disney. Retours en enfance garantis!

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Quatrième étape : Santiago – Santa Maria

Nous ne comptions plus le nombre de fois où nous avions dû expliquer aux personnes qui nous accueillaient que nous allions tenter de traverser les Andes en vélo. Depuis quelques jours, cette explication se conjugue au passé, non sans une certaine fierté comme vous pouvez sans doute l’imaginer. Notre dernière tartine vous avait laissés à la fin de notre séjour à Santiago.

Le matin de notre départ, nos jambes et notre charmant fessier comprennent rapidement qu’ils vont devoir à nouveau donner de leur personne. Se trouve en ligne de mire ce jour là la ville de Los Andes qui est un parfait point de départ pour entamer l’ascension des Andes. La journée se passe sans accrocs même si nous sentons que nous n’avons plus roulé depuis quelques jours. Une fois de plus, le discours classique est de sortie pour trouver un endroit pour bien dormir et être d’attaque le lendemain. Première tentative dans l’église du coin qui, à défaut de nous apporter un toit, nous offre un sac rempli de nourriture alors que nous n’avions rien demandé de tout cela (grand merci au Padre Sergio). Il faut croire que notre barbe d’un mois et la (non-)fraicheur de notre attirail n’ont pu l’empêcher d’exercer la charité chrétienne. Après une deuxième tentative au commissariat du coin qui se soldera par un échec, nous sommes accueillis à bras ouverts par nos amis les pompiers. Après avoir partagé un verre et quelques précieux conseils avec deux collègues cyclistes venus d’Angleterre, nous tentons non sans mal de fermer l’oeil.

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C’est avec un petit sentiment d’appréhension que nous nous réveillions: « Sommes nous assez préparés pour une telle expédition?, Est-il possible de trouver un endroit pour dormir là-haut? Quelle quantité d’eau devons nous prévoir?,.. ». Malgré ces différentes inconnues, nous partons, prêts à en découdre. Ce jour là nous roulons 47 km au relief très exigeant, passant de 600 à 2100 mètres d’altitude. Nous campons dans un endroit connu des aventuriers de notre trempe, au pied de la partie la plus laborieuse de notre ascension.

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Nous y retrouvons David, un incroyable anglais de 55 ans, jardinier de profession, qui a déjà plus de 9000 km dans les pattes. Une fois la conversation entamée, il est très compliqué de l’arrêter. Il faut dire que ce dernier n’est jamais à court d’anecdotes, toutes plus incroyables les unes que les autres. Lorsque nous en demandons davantage sur ce qui nous attend le lendemain en terme d’effort, un chilien qui viviat là haut nous explique: « Si ce que vous avez fait aujourd’hui représente une difficulté de 3, vous devrez affronter une difficulté de 10 demain ». Je ne sais pas si notre ami tentait de nous rassurer…auquel cas, c’était râté!

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Qu’à cela ne tienne, si nous étions arrivés jusque là et si David, du haut de ses 55 berges, prévoyait de dormir en Argentine le lendemain soir, rien ne devrait nous empêcher de faire de même!
Après un dodo réparateur, nous nous levons prêts à en découdre. Comme prévu nous nous retrouvons au pied d’une route qui serpente autant qu’elle monte. Celle ci comporte 32 virages, numérotés.

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Une fois le bon rythme trouvé, il ne faut plus trop réfléchir et faire tourner les jambes. Au sommet, un tunnel de 3 km sépare les deux pays. Nous ne pouvons le traverser à la force de nos jambes parce qu’il est trop dangereux. Les services de sécurité routière chargent donc nos vélos et nos trois carcasses pour nous faire passer dans notre deuxième pays d’adoption.
Ca y est, cette fois c’est fait: nous avons traversé les Andes à vélo!

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La descente se révèle bien moins plaisante que prévue. Nous nous imaginions déjà battre des records de vitesse avec une grande facilité mais le vent en voulut autrement! Sur notre route vers Mendoza, nous faisons la rencontre de Micky, un allemand baroudeur de 47 ans. Il est content de pouvoir faire partie du « Belgian Train » (surnom qu’il nous donne) pour une série de kilomètres qui nous mènera à une petite auberge du côté de Mendoza pour refaire le plein d’énergie le temps d’une journée.

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Pour les Bikeslackers, l’arrivée en Argentine devient rapidement synonyme de camping sauvage. Les villages sont moins nombreux et le dodo sous tente nous offre une plus grande flexibilité. Les jours défilent, à l’instar des paysages magnifiques et des kilomètres. De nouvelles habitudes naissent et une nouvelle routine s’installe: recherche d’un endroit à l’abri des regards aux alentours de 17h30, installation des tentes, sortie de la bache, mise en place de la sono, partie endiablée d’échec, cuisine en casserolle (nouvel achat gagnant) toujours aussi variée et, clou de la soirée, petit moment d’évasion grâce à un épisode d’une série. Au réveil, nous nous amusons à debriefer les rêves et cauchemards de chacun ainsi que la qualité du sommeil de la nuit fraichement écoulée.

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Depuis Mendoza, nous avons fait le choix d’éviter les plus grosses routes afin d’apprécier au mieux les parcs environnants (Valle Fertil, Ischigualasto, Talampaya). Cet itinéraire nous a permis d’admirer des paysages à couper le souffle. Les mots nous manquent mais les photos devraient en partie témoigner de leur splendeur.

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Pour ne vous conter que quelques anecdotes, nous avons d’abord rencontré un personnage assez ahurissant du côté du parc de Talampaya. Nicola, 31 ans, chef d’entreprise à 15 ans et aujourd’hui philantrope, à la tête d’une fondation aidant les gens dans le besoin. Après avoir discutaillé plus d’une heure, il finit par nous prendre en photo sous toutes les coutures, étant un grand amateur de photographie. Il nous faut aussi vous expliquer que la chance semble encore et toujours nous sourire. Une courte semaine après avoir traversé les Andes, deux motards nous apprenaient que le poste frontière par lequel nous étions passé avait été fermé quelques jours après notre traversée à cause d’une tempête. Cette dernière empêchait le passage de tout véhicule pendant plusieurs jours! Pour continuer avec les « coups de bol », nous avons réussi à emprunter une magnifique route qui s’élevait jusqu’à 2060 mètres d’altitude alors qu’elle était en plein travaux et donc fermée à toute circulation. En effet, nous fûmes arrêtés à plusieurs reprises lors de notre ascension pour nous signifier de rebrousser chemin. Heureusement, nous avions, au préalable, reçu l’autorisation de Javier, un des chefs des travaux. Un simple « Javier a dit que » suffisait à rembarer nos interloctueurs. Tout cela ne nous empêcha pas de porter fontes et vélos sur 50 mètres, la route étant barrée par un éboulement causé par les travaux.

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Dans le même registre, le soleil brille sur les corps luisants de nos amis bikeslackers n’ayant pas vu tomber une goutte de pluie depuis le 13 avril. En attestent nos marques de bronzage de plus en plus visibles. Pour le plus grand plaisir de Codême, la poisse ne semble pas avoir pu suivre le rythme effrené imposé par les BS lors de leur ascension des Andes.

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Nous sommes aujourd’hui à Santa Maria, à seulement trois jours de vélo de Salta. Etant donné nos échéances footbalistiques à venir, nous avons été contraints de prendre notre premier bus pendant près de 300km. D’après les dires des argentins, les jours de vélo qui nous attendent annoncent des paysages toujours plus dingues.

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Troisième étape: Villarica – Santiago

Apres notre repos initialement voulu puis forcé suite à la chute de Nico et au mauvais temps, nous repartons, requinqués, en direction du Nord. Le soleil brille à nouveau pour notre plus grand plaisir.

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Grâce à un départ bien matinal et un rythme soutenu, nous passons la barre des 100 km en une journée pour la première fois et arrivons à Chol Chol. Nous y passons une très chouette soirée dans un foyer chilien. Drouille eut même l’occasion de s’essayer à la Quenca, danse traditionelle chillienne.       2014-04-12 20.47.22

Les deux jours suivants, nous continuons notre route et dormons à Los Sauces puis à El Olivar où nous sommes accueillis dans un bien sympathique centre équestre.

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Nous prenons ensuite la décision de passer à la vitesse supérieure et de filer droit vers Santiago en empruntant la Ruta 5, fameuse autoroute qui traverse le Chili du Nord au Sud. Ce choix peut sans doute vous paraitre étonnant d’un point de vue sécurité. Cependant, il vous faut savoir qu’une bande est spécialement réservée pour les cyclistes et même parfois les piétons, ce qui fait de la Ruta 5 un itinéraire plus sûr que certaines « nationales ». Les journées passent et se ressemblent alors que nous avalons quotidiennement plus de 100 km à un 26 km/h de moyenne (oui oui, les jambes gonflent doucement). Nous dormirons successivement dans des villes et villages relativement proches de notre autoroute chérie: Chillan, Linares, Molina et Requinoa. Nous y sommes accueillis par des ecclésiastiques, des pompiers (réveil en pleine nuit par l’alarme tonitruante de la caserne) et par l’énergique Hector et tout son harem (Drouille y passa les dernières heures de sa 24ème année).

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Nous nous souviendrons longtemps de ce périple sur l’autoroute et des ravissants endroits dans lesquels nous avons cassé la croute.

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Même si notre voyage semble parfois totalement idyllique, nous ne pouvons vous cacher qu’il ne se passe pas sans anicroches. Il faut dire que Codême n’est pas bien loin d’être renommé « Codi la poisse ». Les soucis s’enchainent: crevaison, pédale tordue, chute, roule cassée, nuque douloureuse,.. Le dernier en date, un moyeu à remplacer qui l’a contrait à lever le pouce durant deux jours. Tout cela ne l’empêche évidemment pas de garder son large sourire bien connu de tous. Celui-ci lui a dailleurs bien servi l’autre jour. Drouille et Batouze étaient partis pour Requinoa alors que Codême, avec sa connaissance de l’espagnol plus que limitée (voir totalement nulle), devait se débrouiller pour les rejoindre. Arrivés au point de rendez-vous fixé le matin même, pas de Codême à l’horizon. L’appréhension commença alors à gagner nos deux compères, un peu coupables d’avoir laissé le troisième luron derrière eux. Quel n’a pas été leur soulagement lors de la réception du message suivant: « Ai trouvé un logement de fako!! Haha dites moi quand vous êtes à la place… Là je bouffe du gateau ».

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Pour ne rien vous cacher, le régime alimentaire d’un bikeslacker se rapproche plus du menu d’un bon vieux militaire en terres afghanes que de la carte d’un restaurant étoilé: porridge en gamelle saupoudré de son kilo de sucre fin, tartines au saucisson de jambon sur son lit de gouda, riz ou pâtes dans son jus de tomates du jardin (une nouvelle fois en gamelle). Les jours de fête, nous mettons la main au portefeuille et nous nous octroyons une petite sauce blanche au champignons.

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Pour ce qui est du logis, nous essayons d’éviter de dormir sous tente étant donnée la température très fraiche de la nuit. Résultat des courses: sur 21 nuits, nous n’avons sorti la tente qu’une seule fois. Nous avons dû délier les cordons de la bourses pour quatre nuits et les 16 autres fois, nous avons pu compter sur l’hospitalité sans limite de nos amis chiliens.

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Depuis le samedi 19, notre train de vie a complètement changé. Nous avons été accueilli comme des princes par la famille Vicuna (mention spéciale à Santi), amis du père de Codême. Nous avons passé une soirée dans leur superbe maison de campagne à une heure de la capitale. Incroyable contraste avec nos trois premières semaines de voyage rythmées par le gonflage de notre matelas pneumatique et par notre cuisine en gamelle. Nous avons profité pleinement d’un succulent BBQ, du pisco local et de très bons lits. Quel plaiz! Le lendemain, nous avons rejoint leur appartement à Santiago, avec une bonne tête dans l’âne, il faut bien l’avouer. S’en suivent les visites de Valparaiso et de Santiago avec Santi, sans doute le meilleur guide de la ville.

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Ces quelques jours de repos à Santiago mettent un terme à le première partie de notre voyage qui nous aura vu parcourir plus de 1300 km sur nos vélos. Nous partirons demain (jeudi 24 avril) pour la suite de notre aventure lors de laquelle nous tenterons de traverser les Andes et de découvrir l’Argentine.

PS: La guerre du territoire de la race caninne entamée sur les fontes de Drouille a repris de plus belle et la roue arrière de Batouze en a fait les frais… Sales cabots!

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Deuxième étape: Los Chilcos – Villarica

Nous quittons donc le petit village de Los Chilcos où nous nous étions arrêté suite à une bonne drache nationale qui nous empêchait de continuer (nous apprendrons plus tard aux nouvelles que 64 vaches furent tuées par la foudre non loin de la où nous dormions). Pour la première fois, nous enfilons nos jambières (sorte de legging tout à fait charmant) ainsi que nos chaussons (sorte de grosses chausettes élastiques et imperméables qui recouvrent nos chaussures) pour éviter d’avoir froid. Suite à une bonne matinée de vélo, nous faisons étape à Futrono pour déjeuner. Nous nous retrouvons dans un restaurant pas dégueulasse en bord de lac pour pouvoir profiter d’une connexion internet et vous faire part de notre première tartine. L’apres-midi est ensuite rythmée par de très bons coups de pédales qui nous permettent de boucler une journée de 82 km et de rejoindre Reumen. Une fois de plus, nous partons à la recherche d’un toit pour dormir. Pour la première fois, nous devons un petit peu batailler pour trouver un logis gratuit. C’est finalement le directeur des pompiers qui nous accueille dans ses locaux. Alors que nous nous installons, nous verons défiler deux trois pompiers, vraisemblablement curieux et très contents de nous serrer la main. Il faut dire qu’une heure auparavant, une femme que nous avions abordée nous avait demandé: « mais qu’est ce que vous pouvez bien faire ici à Reumen?! ». Les touristes n’y courrent en effet pas les rues…

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Nous partons le lendemain en direction de Panguipulli où nous comptons passer la nuit. Comme chaque jour, nous repérons sur la carte l’un ou l’autre village où nous pourrions nous arrêter pour déjeuner à la mi-journée. Nous commençons par 20 km d’autoroute finalement pas si terrible que ça. Le traffic n’y est vraiment pas très dense et une petite bande nous est réservée. Après ce petit tronçon, nous roulons, roulons, et roulons encore pour trouver un village digne de ce nom où nous pourrions nous remplir un tantinet la panse avec quelque chose de consistant. Malheureusement, à part quelques maisons éparpillées sur notre route, nous ne trouvons rien et sommes contraints de nous satisfaire de bananes et de cookies, initiallement prévus pour contrer les éventuelles fringuales.

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Pour encore nous compliquer la tâche, nous faisons face, cet après-midi là, à un relief plus accidenté et un vilain vent de face. C’est donc avec grand plaisir que nous arrivons à Panguipulli où nous sommes ravis de faire escale dans une auberge, après 79 km. Cette ville est pour nous synonyme d’un retour à notre vie de petit citadin.

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Après une bonne nuit de repos, nous prenons la direction du Lago (lac) Villarica et de la bourgade du même nom. Nous partons sous une pluie badante qui persistera une bonne partie de la journée. Cette météo nous oblige à redoubler de prudence: visibilité réduite et sol glissant ne font pas bon ménage. Nous tentons de nous réchauffer sur le temps de midi dans une petite boulangerie dans le village de Lican Ray. Nous y faisons sécher nos gants et chaussures sur le four à pain. Nous repartons tous les quatre après cette petite pause bien méritée… Oui oui, après avoir sympathisé avec Drouille, Forest, un chien errant du coin, décide de nous servir de guide. Pensant qu’il nous accompagnerait seulement jusqu’à la sortie du village, nous sommes étonnés de constater sa présence bienveillante 17 km plus loin.

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Malheureusement, les derniers kilomètres nous menant à Villarica nous permettent d’adopter un rythme plus soutenu, qui laisse notre fidèle ami derrière nous. Ayant décidé de prendre un jour de repos le lendemain, nous nous installons dans une auberge tenue par l’aimable Ricardo. Nous y passons la soirée autour d’un succulent guacamole et de quelques bières que nous partageons avec d’autres aventuriers.

ImageLa journée de repos porte bien son nom: à part une sortie au supermarché, à la pizzeria du coin et quelques réparations sur nos bécanes, le mot d’ordre est… »repos ». Pour éviter les dépenses inutiles, nous nous remettons en selle en fin d’après midi à la recherche d’un toit en dehors de la ville. Un cône mal placé ne l’entendit pas de cette oreille. Résultat: chute de Codême à l’arrière du peloton, roue voilée et retour à la case départ.

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Les réparations du vélo et la drache continue qui s’abat sur Villarica nous imposent une nouvelle journée de repos. Elle eut le mérite de remettre nos organismes d’aplomb et de nous permettre de ne pas trop nous faire doucher. Nous repartirons demain matin à l’aube avec un temps ensoleillé, comme annoncé pour toute la semaine prochaine.

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Première étape: Puerto Montt – Los Chilcos

Après 25h de vol, nous atterissons à 15h à Puerto Montt. Après une courte attente dans le hall du petit aéroport, nous voyons arriver nos fameux vélos. Les boîtes dans lesquelles nous les avions transportés étaient en bien mauvais état mais heureusement nos vélos avaient tenu le coup.

Lors du réassemblage de nos vélos, quelques problèmes surviennent. Le sac de guidon de Codème est hors d’usage et nous n’avons pas la clé nécessaire pour resserer notre guidon. Mais malgré ces petits problèmes, les bikeslackers enfourchent leurs vélos pour commencer ce voyage de 3 mois.

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Dans un premier temps, nous parcourons 20km pour aller jusqu’à Puerto Varas, une belle petite ville au bord du lac ‘lango Llanquihue’. Très rapidement nous y trouvons une petite auberge tenue par des français fort sympathiques qui nous procurent déjà de précieux conseils.

Puerto Varas est une ville fortement influencée par l’affluence touristique lors de la haute saison. La vue sur le lac et les volcans alentours nous donne déjà un avant goût des paysages à venir. Très rapidement on décide de suivre les conseils du propriétaire de l’auberge qui nous propose de nous rendre au parc national de Petrohue. Ce sera donc notre destination du lendemain.
Après une bonne première nuit sur le continent sud américain, les bikeslackers font leurs emplettes et résolvent les premiers soucis de la veille. C’est donc parti pour le grand voyage. Heureusement la météo nous est clémente. Ces 55 premiers kilomètres se passent sans accrocs. Ce n’est pas ce que dira Drouille qui peste encore sur le sale cabot qui marqua son territoire sur sa fonte avant droite.

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Nous passons donc notre première nuit sous tente dans un camping spécialement réouvert pour nous, la saison étant terminée. Réveil un peu humide suite à la nuit orageuse, ce qui ne nous empêche pas de repartir… un petit peu tardivement. Cette deuxième journée de voyage nous verra avaler plus de 63km pour finalement arriver à Puerto Fonck, petit village niché au Nord du lac Llanquihue. Par chance nous y rencontrons Mema, son père et sa soeur qui terminent la récolte journalière des fruits du jardin. Pour le première fois, nous demandons un toit pour dormir. D’abord hésistante, elle finit par nous offrir un lit à chacun, une assiette de gnocchi et une vue imprenable sur le lac. Après l’avoir aidé à remplacer son poêle, nous sommes ravis de dormir au chaud. C’est le coeur léger que nous repartons après ces premières heures passées dans un foyer chilien au bel esprit de famille.

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L’étape suivante commence par 15km de « ripio » – route en gravier sur laquelle il est impératif de rester vigilant pour éviter la chute.

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Après 73km, nous nous arretons dans une brasserie tenue par un allemand et y dégustons de bonnes petites spéciales locales au soleil. Quelle ne fut pas la suprise de Drouille en retrouvantr son pneu avant maculé de l’urine du chien du voisin. La guerre des territoires est donc lancée. Nous finissons par être acceuillis par Veronica, la propriétaire d’un petit magasin adjacent. En échange de quelques coups de pelle et de la plantation de citronniers, Véro nous offre le logis et une bonne douche chaude. L’hospitalité chilienne n’a donc pas de limites. Nous terminons la journée un peu cuits, coulés sous le flot des paroles que débite Veronica. Codème maitrise maintenant à la perfection le regard qui signifie « oui oui je comprends » (alors qu’il n’en est rien).

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Revigorés grâce à un bon porridge, nous prenons congé de Veronica et nous dirigeons vers Puero Nuevo. Après une bonne journée de près de 80km, le ciel nous tombe sur la tête et nous force à nous abriter à Los Chilcos. Voyant que la pluie ne cessera pas de sitôt, nous partons en quète d’un toit pour la nuit. Une fois de plus, nous sommes superbement acceuillis: café et biscuits devant le classico chilien suivi d’un petit Monaco-Nantes. Chez la voisine, la soeur de notre hôte, nous découvrons pour la première fois le breuvage local qui rend « loco »: la chicha, jus de pomme fermenté. Une fois de plus, super ambiance chez l’habitant. Nous dormons dans un petit local adjacent dédié au culte de Jehova.

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Pour l’instant le moral est au top. Cette première courte semaine nous a permis de nous rendre compte que loger chez l’habitant ne comporte que des avantages: un gain de temps, une douche parfois chaude, un repas souvent gratuite et surtout des rencontres incroyables. Au niveau de la santé, c’est le calme avant la tempête: nous n’avons eu aucun problème malgré le fait que nous ne buvons que de l’eau du robinet. Merci Christina et ses Probiotique que nous avalons consciencieusement chaque matin.

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Teaser

J-15:
Les préparatifs s’accélèrent, nos jambes s’impatientent, le départ approche…

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